vendredi 29 décembre 2017

L'excuse économique n'autorise pas Donald Trump, qui passe 1/4 de son temps de président au golf et 1/3 de sa journée à regarder la télé, à ironiser sur le « réchauffement climatique » (Art.501)


Ça serait à Noël, on dirait qu'il avait trop mangé et pas assez réfléchi. Mais ce n'est pas le cas, on est bien loin sur toute la ligne. « Dans l'Est (des Etats-Unis), ça pourrait être le réveillon du jour de l'An le plus froid jamais enregistré. Nous pourrions peut-être utiliser un peu de ce bon vieux réchauffement climatique; notre pays, mais pas d'autres pays, allait payer des milliards de dollars pour s'en protéger. Couvrez-vous! » Donald Trump, la veille d'aller passer sa 86e journée sur un terrain de golf, depuis qu'il a pris ses fonctions de président des Etats-Unis d'Amérique. Il a retiré son pays de l'accord de Paris sur le climat, qui a été accepté par tous les pays du monde sans exception, et le voilà ironisant sur le « réchauffement climatique », comme un ignare.

Réchauffement climatique de la Terre 1880-2016  (NASA)

Malgré les ouragans qui ont frappé les Etats-Unis cet automne et la vague de froid qui sévit en Amérique du Nord en ce moment, le locataire de la Maison Blanche nous apporte la preuve dans son tweet qu'il ignore trois choses
 fondamentales dans ce domaine :
 


1. A l'occasion de la COP23 qui s'est tenue à Bonn, l'Organisation météorologique mondiale a affirmé que l'année 2017 pourrait être l'année la plus chaude de mémoire d'homme, enfin, jamais enregistrée par les humains depuis la fin du 19e siècle. « Les trois dernières années sont les plus chaudes qui aient jamais été enregistrées et s'inscrivent dans la tendance au réchauffement à long terme de la planète ». C'est ce que confirme aussi l'agence américaine NASA, un autre visage de l'Amérique (les Américains peuvent en être fiers!), dans une vidéo récente. 

2. Le réchauffement climatique conduit justement à des vagues de froid dans certaines régions du globe. Trump n'a ni le QI de comprendre ce paradoxe ni la curiosité de demander que les experts américains dans ce domaine le lui expliquent. Pour schématiser : activités irresponsables des humains depuis la révolution industrielle → réchauffement climatique → fonte de la banquise arctique en été → absorption plus élevée des rayons solaires par les océans → réchauffement des océans → relâchement progressif de la chaleur des océans dans l'atmosphère en automne → augmentation de la pression atmosphérique et de l'humidité → fortes modifications de la circulation des vents dans l'hémisphère nord en hiver → vague de froid polaire dans certaines régions, notamment en Amérique et en Europe du nord ». Le Gulf Stream, courant marin de l'océan Atlantique nord, sera également affecté via d'autres phénomènes, la diminution de la salinité et l'augmentation de la température de l'océan Arctique, ce qui modifierait le climat en Europe, qui pourrait connaitre dans les années à venir des vagues de froid comme en Amérique du Nord. 


3. Les dizaines et centaines de milliards de dollars que Trump ne veut pas payer à court terme aux pays en voie de développement, pour qu'ils puissent se développer, comme les Etats-Unis, sans augmenter leur production des gaz à effet de serre (CO2), contrairement aux Etats-Unis, les Américains les paieront à long terme, en centaines et en milliers de milliards de dollars, pour faire face aux conséquences désastreuses du réchauffement climatique sur leur pays et sur le monde : élévation globale des températures (1,3 à 5,3°C selon les mesures prises par l'ensemble des Etats), fortes précipitations dans certaines régions (Europe du Nord par exemple), inondations à l'intérieur de certains pays, élévation générale des niveaux des océans de plusieurs mètres selon certains scénarios pessimistes, augmentation de l'acidité des mers (moins de plancton et moins de poissons), érosions des zones côtières, canicules/sécheresse/incendies de forêts dans certaines régions (Méditerranée, Europe du sud/centrale), vagues de froid dans d'autres (Amérique et Europe du Nord), graves problèmes mondiaux d'approvisionnement en eau potable et en denrées alimentaires (diminution de la production agricole), conflits entre Etats, de fortes migrations de centaines de millions de réfugiés climatiques, danger sanitaire (épidémies infectieuses, extension des régions touchées par la malaria, la dengue, la fièvre jaune, etc.), disparition de centaines d'espèces animales et végétales (20-30%) et caetera, et cétéra, etc.

Emission et flux du CO2 (dioxyde de carbone, gaz carbonique),
principal gaz à effet de serre, sur Terre en 2006 (NASA)

Celui qui croit dur comme fer que le changement climatique est « une connerie, un canular et un concept inventé par les Chinois pour empêcher l'industrie américaine d'être compétitive » a encore rappelé dans un tweet publié tard le jour de Noël ce lundi que « tomorrow it’s back to work in order to Make America Great Again (which is happening faster than anyone anticipated)! »

Non seulement, le changement climatique est aussi et surtout « made in America », Donald Trump n'est pas retourné au travail le lendemain, mais au golf. Ce sont les dindons de la farce, ceux qui ont voté pour lui, qui sont retournés travailler mercredi. Depuis qu'il est entré en fonction, le 20 janvier, il a passé plus de 25% de son temps sur un terrain de golf, d'après les infos de NBC News. En plus, il faut être sacrément naïfs pour croire qu'un homme qui regarde la télé entre 4 et 8 heures par jour, selon le New York Times, rendra sa grandeur à l'Amérique! Aujourd'hui, il en fait la risée du monde, et ça se passe plus vite que prévu, malgré l'effort d'autres compatriotes américains pour contourner ses décisions, comme l'actuel gouverneur de la Californie, Jerry Brown, l'ancien gouverneur de cet Etat, l'acteur Arnold Schwarzenegger et l'ex-maire de New York, Michael Bloomberg. Et dire qu'il y a encore beaucoup de travail sachant que les Américains ont été, sont et resteront, au moins à court terme, les plus gros pollueurs de la planète Terre (la Chine et les Etats-Unis sont responsables de près de 20% et 18% des émissions mondiales de CO2 dans l'atmosphère ; sauf qu'un Américain pollue 2,25 fois plus qu'un Chinois !) et les plus grands gaspilleurs de ses ressources (si tout le monde vivait comme les Américains, il faudrait 5 planètes Terre), non mais, on croit rêver ! Quel bouffon !

Allez, terminons dans la gaieté avec Renaud et une de ses chansons mythiques. L'Hexagone parle de la France, mais ça pourrait s'appliquer aux Etats-Unis en partie. Elle a été écrite en 1975, mais on dirait que beaucoup de choses sont encore valides en 2017. Je vous propose quelques extraits. Attention, Renaud n'est pas du tout tendre avec ses compatriotes : « Ils s'embrassent au mois de Janvier / Car une nouvelle année commence... La mentalité est la même / Tous des tocards, tous des faux culs... Je me souviens surtout de ces moutons / Effrayés par la liberté / S'en allant voter par millions / Pour l'ordre et la sécurité... Ils font la fête au mois de juillet... Ils s'abreuvent de bals populaires / De feux d'artifice et de flonflons / Ils pensent oublier dans la bière / Qu'ils sont gouvernés comme des pions... (Refrain) Être né sous le signe de l'Hexagone / C'est vraiment pas une sinécure / Et le roi des cons, sur son trône / Il est Français, ça j'en suis sûr... En décembre c'est l'apothéose / La grande bouffe et les petits cadeaux / Ils sont toujours aussi moroses / Mais y'a de la joie dans les ghettos / La Terre peut s'arrêter de tourner / Ils rateront pas leur réveillon / Moi je voudrais tous les voir crever / Étouffés de dinde aux marrons ». Je vous ai prévenu ! Certes, il exagère beaucoup, mais le roi des cons sur son trône, il est Américain en ce moment, ça j'en suis sûr. La Terre peut s'arrêter de tourner, les Américains ne sont toujours pas prêts de changer radicalement leurs modes de vide et de consommation, comme beaucoup de gens de par le monde d'ailleurs. On dirait que l'humanité ne mesure pas encore la gravité de la situation, alors qu'il sera bientôt trop tard !




NON, NON et NON, la fin ne justifie pas les moyens, l'excuse économique n'autorise personne, encore moins un mortel à abîmer l'éternelle perle de l'Univers, la Terre, pour s'enrichir et enrichir d'autres mortels. Nous devons en prendre soin car il n'y en a pas d'autres et nous ne sommes que des visiteurs, l'enterrement est entre midi et 15h pour tous, même pour un bouffon, aussi riche qu'il soit. 


Enfin, n'oublions pas, qu'être écologique ne se réduit absolument pas à recycler ! Le recyclage n'est pas un sésame pour se déculpabiliser et polluer davantage. Etre écologique est un triptyque état d'esprit qui se traduit dans la vie quotidienne par ne pas produire de déchets, ne pas polluer l'environnement et respecter la nature dans sa faune, comme dans sa flore. Disons, au moins essayer d'en faire le plus possible !

Allez, une dernière pour terminer l'année avec le sourire. « Les gens sont fiers de dire à nouveau Joyeux Noël. Je suis fier d'avoir mené la charge contre l'assaut à l'encontre de la belle phrase que nous chérissons. JOYEUX NOËL!!!!! » C'est tout ce que le président des Etats-Unis d'Amérique trouve à dire le jour de Noël commémorant la 2017e naissance de Jésus de Nazareth, le fils de Dieu pour l'ensemble des Chrétiens du monde. Ya yésou3 dakhil esmak ! Donald Trump s'invente une bataille imaginaire et l'emporte avec cinq points d'exclamation !!!!! Quel bouffon ce mec. Non mais, qu'est-ce que l'humanité a fait au bon Dieu pour mériter ça ? Peut-être bien de ne pas avoir apprécié la Terre à sa juste valeur !