samedi 12 octobre 2013

Conseil de l’Europe, résolution 1952 : la circoncision est une violation de l’intégrité physique de l’enfant (Art.184)



I. Préambule. La dernière décision du Conseil de l’Europe sur « Le droit des enfants à l’intégrité physique », irritera beaucoup les adeptes de la circoncision. Il y a de quoi ! Cette pratique qui est étroitement suivie par les personnes de confession juive et musulmane, adoptée aussi par certaines communautés athées et chrétiennes, pour des raisons sociales, médicales, morales et religieuses, est désormais considérée par le Conseil de l’Europe depuis le 1er octobre 2013, comme une violation de l’intégrité physique de l’enfant. Pour avoir une idée de la donne sur le terrain, sachez qu’un homme sur trois dans le monde est circoncis, soit près de 661 millions de personnes de plus de 15 ans. L’écrasante majorité des populations musulmanes et juives l’est, ainsi que 79 % des Américains, 58 % des Australiens, 14 % des Français et seulement 2 % des Espagnols.

Rappelons au passage, que le Conseil de l’Europe est une organisation qui ne dépend pas de l’Union européenne. Il représente 47 pays et plus de 800 millions de ressortissants. Son objectif se limite à la défense des droits de l'homme, de la démocratie et de l’État de droit, grâce à la « Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ». Ses résolutions ne sont pas contraignantes puisque seuls les Parlements nationaux des pays membres ont le pouvoir de légiférer.

II. Colère d’Israël et des organismes musulmans

Comme c’était prévisible, tout le monde est monté au créneau en Israël pour attaquer la résolution du Conseil de l’Europe et appeler l’organisation internationale à « revenir immédiatement sur cette résolution », du président de l’État hébreux, Shimon Peres, au ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman. Ce dernier a même le culot de prétendre, dans un communiqué de son ministère, que cette résolution alimentera « les tendances racistes et haineuses » en Europe. Allons donc, si ce n'était pas de la part d'un extrémiste comme Lieberman, on aurait pu prendre cette mise en garde au sérieux. En France, le président de l’Observatoire de l’islamophobie, a lui aussi dénoncé cette « décision scandaleuse ». Quant aux dirigeants du Conseil français du culte musulman, non seulement ils se sont indignés du vote du Conseil de l’Europe, mais se sont étonnés également du « silence des dirigeants musulmans ». Ils auraient aimé sans doute les voir aussi mobiliser que les dirigeants juifs, leurs frères ennemis. Justement, dans une lettre adressée au Conseil de l’Europe, le président israélien rappelle que « Le rituel de la circoncision a été pratiquée par les communautés juives depuis des milliers d’années. Il est un élément fondamental dans notre tradition. C’est aussi une obligation en tant que juif ». Même son de cloche du côté du Conseil français du culte musulman. « Il s'agit d'un rite religieux millénaire expressément recommandée par l'islam. » Bien avant les juifs et les musulmans, Égyptiens et Éthiopiens de l’Antiquité la pratiquaient déjà, et bien après les juifs et les musulmans, chrétiens et animistes, l’ont pratiqué. Le problème est ailleurs. Tradition millénaire ou pas, il n’empêche que la circoncision figure parmi les « violations de l’intégrité physique des enfants ». Telle est la conclusion du Conseil de l’Europe, qui invite les Etats membres par conséquent, « à examiner (...) les interventions médicalement non justifiées ayant une incidence sur l’intégrité physique des enfants (...), et à les étudier attentivement à la lumière du principe de l’intérêt supérieur de l’enfant. » Par ailleurs, l’organisation européenne demande aux États « d’engager un débat public, y compris un dialogue interculturel et inter-religieux, afin de dégager un large consensus sur le droit des enfants à la protection contre les violations de leur intégrité physique ».

III. Les raisons de la circoncision

Officiellement, la circoncision dans les religions monothéistes est pratiquée dès l’origine, pour des « raisons religieuses ». En effet, on apprend dans la Genèse que Yahvé l’a exigé d’Abraham, en signe de l’alliance qui les lie. Elle doit se faire le huitième jour selon la tradition judaïque, avant la puberté selon la tradition islamique. Aux raisons religieuses, on a par la suite, longtemps plus tard, notamment chez les protestants américains, trouvé des « raisons morales », afin de lutter contre la masturbation, et des « raisons médicales », pour permettre une meilleure hygiène de vie et prévenir certaines maladies. La pression de la société, et l’intimidation des autorités religieuses et médicales, peuvent être si fortes que même des parents peu convaincus par l’utilité de la circoncision, voire opposés à celle-ci, ne pourraient parfois pas s’extraire à ces « raisons sociales ».

La circoncision nous viendrait des Égyptiens comme l’attestent des vestiges archéologiques. Certains y ont vu un rituel de passage de l’enfant à l’âge adulte et d’autres une sorte de sacrifice symbolique. Toutefois, d’après l’historien grec Hérodote, 5e siècle avant Jésus, la circoncision trouve sa justification, officieusement tout au moins, dans des impératifs hygiéniques. Jadis, on se lavait peu. A défaut d’une bonne hygiène, la macération anaérobique des sécrétions cutanées masculines, le smegma (une substance blanchâtre, légèrement grasse, sécrétée à l’état normal par les glandes préputiales qui sont situées au niveau des sexes de l’homme, mais aussi de la femme ; elle constitue une sorte de signature odoriférante, au pouvoir hydratant pour le gland, le clitoris, et la vulve, et au pouvoir lubrifiant au moment des rapports sexuels), pendant plusieurs jours, au niveau du sillon du gland (jonction entre le gland et la verge), recouvert par le « prépuce » (cette « maudite » peau naturelle qui recouvre le gland à l’état de repos dont il est question dans la circoncision), conduisait inévitablement à une infection bénigne, la balanoposthite, qui se traduisait par une inflammation du gland et du prépuce, voire par des ulcérations douloureuses de ces zones sensibles de la verge. L’autre problème que certains adolescents ont connu depuis les fornications d’Adam et Eve et de leurs descendances, c’est la rupture du frein, une blessure somme toute bénigne de cette languette de peau qui retient le prépuce à la face inférieure du gland, lors d’un premier rapport sexuel tant désiré, mais particulièrement énergique et maladroit.

Le judaïsme a résolu ces deux problèmes masculins en adoptant la circoncision rituelle des Égyptiens et en la rendant comme une pratique religieuse, donc obligatoire pour tous les mâles. En enlevant le prépuce, le gland et son frein se découvrent. Moins de sécrétions sébacées, pas de risque de macération, pas de risque d’ulcération, pas de risque de rupture du frein. Malgré cela, Grecs et Romains, n’ont jamais intégré la circoncision dans leurs mœurs, la considérant comme une mutilation. Pour le christianisme, nouvelle religion à vocation universelle, et non limitée au « peuple élu », il était impératif de supprimer cette « pratique judaïque », pour bien distinguer les deux religions. D’autant plus que Jésus, circoncis selon la tradition religieuse juive, n’en a jamais fait un passage obligé pour accéder au Royaume des cieux. L’islam a non seulement adopté la circoncision biblique d’Abraham, bien qu’elle ne soit pas mentionnée explicitement dans le Coran, mais il a aussi instauré la pratique des ablutions religieuses avant la prière. Donc, disons qu’autrefois, la circoncision pouvait avoir un double bénéfice médical. Pas de nos jours ! Les pratiques hygiéniques et l’éducation sexuelle aujourd’hui rendent la nécessité de recourir à la solution radicale de la circoncision, pour éviter les ulcérations douloureuses du pénis et la rupture spectaculaire du frein, complètement caduque.

4500 ans après les rituels égyptiens, un constat médical récent est venu réconforter les adeptes de la circoncision. Il y a quelques années, certaines études médicales ont noté une réduction du risque de transmission du virus du sida, le VIH, dans les zones hautement pandémiques en Afrique, chez les hommes circoncis qui ont des rapports hétérosexuels non protégés. Pas d’emballement, cette « protection » ne concerne pas les femmes, les homosexuels et les zones moyennement infectées en dehors de l’Afrique. Dans tous les cas, pour le Conseil national du sida en France, la circoncision est une « modalité discutable » de réduction des risques de transmission du VIH, et pour l’Organisation mondiale de la santé, cela ne dispense pas de l’utilisation régulière du préservatif, que l’on soit circoncis ou pas.

IV. Le problème éthique de la circoncision des enfants

Avant de plonger dans les effets tardifs sur la sexualité masculine, la circoncision pose un problème éthique majeur à l’humanité, qui réside dans le fait que ce sont les parents qui décident de pratiquer sur leur enfant, sans son consentement, un acte médical invasif et irréversible, qui ne répond à aucune justification médicale ! Et pourtant, la plupart des Codes civils des pays démocratiques n’autorisent pas cet abus flagrant dans l’exercice de l’autorité parentale. Le Code civil français par exemple, est extrêmement clair à ce sujet. L’article 16-1 précise que « Chacun a droit au respect de son corps. Le corps humain est inviolable. Le corps humain, ses éléments et ses produits ne peuvent faire l'objet d'un droit patrimonial. » En d’autres termes, pour ceux et celles qui s’obstinent à ne pas vouloir comprendre l’esprit de ces trois phrases limpides, la loi française ne donne aucun droit à qui que ce soit de violer l’intégrité physique d’autrui. Dans le cas contraire, l’article 16-2 stipule que « Le juge peut prescrire toutes mesures propres à empêcher ou faire cesser une atteinte illicite au corps humain ou des agissements illicites portant sur des éléments ou des produits de celui-ci ». Alors là, il n’y a pas pire que ceux et celles qui ne veulent pas comprendre. Néanmoins, la loi française prévoit une exception dans l’article 16-3, mais uniquement s’il y a un consentement de la personne et pour une raison médicale, ce qui exclut doublement la circoncision. « Il ne peut être porté atteinte à l'intégrité du corps humain qu'en cas de nécessité médicale pour la personne ou à titre exceptionnel dans l'intérêt thérapeutique d'autrui. Le consentement de l'intéressé doit être recueilli préalablement hors le cas où son état rend nécessaire une intervention thérapeutique à laquelle il n'est pas à même de consentir. »

On voit bien que la résolution 1952 du Conseil de l’Europe ne tombe pas du ciel et n’a absolument pas comme objectif, la ridicule volonté de « persécuter les minorités religieuses en Europe ». En tout cas, l’organisation européenne invite les États membres d’une part, « à définir clairement les conditions médicales, sanitaires et autres à respecter s’agissant des pratiques qui sont aujourd’hui largement répandues dans certaines communautés religieuses, telles que la circoncision médicalement non justifiée des jeunes garçons » et d’autre part, « à mener des actions de sensibilisation sur la nécessité de veiller à ce que les enfants participent aux décisions concernant leur intégrité physique lorsque cela est approprié et possible, et à adopter des dispositions juridiques spécifiques pour que certaines interventions et pratiques ne soient pas réalisées avant qu’un enfant ne soit en âge d’être consulté ».

Sachez par ailleurs, qu’aucune organisation médicale dans le monde ne recommande la circoncision. La seule indication médicale reconnue se résume au phimosis, une impossibilité constitutionnelle de décalotter le pénis. Si l’American Academy of Pediatrics trouve que les avantages de cette pratique dépassent ses inconvénients, pour les sociétés savantes médicales européennes, la circoncision qui n’est pas motivée par des raisons médicales pose un problème éthique, qui est caractérisé par l’atteinte à l’intégrité physique de l’enfant d’une manière irréversible, et par l’absence de son consentement pour un acte chirurgical qui n’est pas sans risques de complication. Tout le monde sait, que la poursuite de la pratique de la circoncision à l’échelle mondiale aujourd’hui, en dehors de l'Afrique, répond essentiellement à des impératifs socio-religieux que médicaux.

Pour être complet sur le sujet, sachez aussi que contrairement à ce que certains adaptes de la circoncision rituelle laissent croire, l’ablation du prépuce reste un acte douloureux, même pour un nourrisson. La pratiquer sans une anesthésie efficace, comme cela se fait lors des pratiques rituelles en dehors d’une prise en charge hospitalière, ce qui pose un autre problème éthique, avec des pommades analgésiantes au pouvoir antalgique insuffisant, voire sans aucun produit anesthésiant du tout, est une pratique moyenâgeuse qui n’a pas sa place aujourd’hui.

Il faut savoir également que la mortalité suite à une circoncision est non négligeable (par exemple, on compte plus d’une centaine de morts par an aux États-Unis). Par ailleurs, il convient de rappeler que la circoncision reste un acte chirurgical qui comporte des risques de complications établies et graves : rétrécissement du conduit urinaire et de son ouverture (avec une incidence pouvant atteindre 10 % des cas), hémorragies, infections et cancer (se développant sur la cicatrise). Et voilà encore un autre aspect du problème éthique de la circoncision : le jeu en vaut-il la chandelle ?

V. Effets de la circoncision sur la sexualité des hommes

Passons maintenant à des choses plus excitantes. On le sait très bien au Liban, « zabrit elsabé », la quéquette, est doublement sacrée dès sa naissance. En mélangeant, la religion et le sexe, sur un fond identitaire, la circoncision a évidemment tout d’un sujet hautement explosif. En tout cas, elle ne laisse personne indifférent. On a vu les aspects religieux et identitaires de la circoncision, voyons un peu ce qu’il en est au niveau sexuel. Les enquêtes scientifiques étudiant les conséquences de la circoncision sur la sexualité masculine se révèlent contradictoires. Normal. Il faut dire que celles-ci se trouvent souvent biaisées selon que leurs commanditaires soient pour ou contre la circoncision. Mais, une chose est sûre, cette opération conduit à l’ablation entre le tiers et la moitié de la peau du pénis au repos, et à l’exposition permanente du gland à son environnement, les sous-vêtements. Et de ce fait, la circoncision a trois conséquences principales, qu’on peut appeler les effets indésirables directs sur la sexualité masculine. Je serai assez cru, mais bon, faut appeler un chat, un chat.

1. Le frottement permanent du gland, de sa couronne et de son col, contre les sous-vêtements, rendent ces zones, qui sont normalement d’une extrême sensibilité chez les non-circoncis, de moins en moins sensibles avec le temps, la verge devenant franchement moins sensitive du fait de la kératinisation et l’épaississement du gland.

2. L’ablation d’une partie de la peau et de la muqueuse du pénis rend la masturbation masculine peu « efficace ». Il n’y a qu’à aller faire un tour sur certains forums pour s’en convaincre. N’ayant pas de prépuce, l’adolescent ou l’homme circoncis ne peut pas simuler l’excitation d’un va-et-vient de la verge, grâce au déplacement du prépuce sur le col et la couronne du gland, la zone névralgique du désir masculin. Ainsi, sa masturbation est moins plaisante, plutôt frustrante, voire très difficile sans lubrifiant, surtout dans certains cas de circoncision serrée où le coulissement du pénis est impossible. Pour l’anecdote, il faut savoir que la circoncision fut présentée par les milieux puritains chrétiens anglo-saxons, et sans aucun doute depuis l’Égypte antique, comme un moyen de lutter contre la masturbation, qui était longtemps considérée comme une perversion. Kellogg himself, inventeur des infects corn flakes et médecin à ses heures perdues, prônait la circoncision chirurgicale comme « remède efficace contre la masturbation des garçons » et l’excision au phénol pour « maîtriser l’excitation anomale des filles », sans anesthésie svp dans les deux cas, pour accroître l’efficacité de ces techniques. C’était en 1888 ! Eh bien, disons que les talibans n’avaient rien inventé. 

3. Le fait d’enlever près de la moitié de la peau du pénis, prive la verge d’une large zone hautement érogène, en éliminant la majorité des récepteurs ultra-sensibles du prépuce.

Si la baisse de la sensibilité pénienne rend les hommes circoncis plus endurants d’après certaines enquêtes, le fantasme absolu de la gent masculine !, il semble d’après d’autres enquêtes que la vie sexuelle des hommes non-circoncis soit globalement plus satisfaisante que celle des hommes circoncis. Il faut dire que sans partenaire, la masturbation des hommes circoncis est laborieuse, pas celle des hommes non-circoncis. Quant aux hommes qui sont avec des partenaires, les non-circoncis ont des rapports sexuels sensuels, riches et variés, grâce au haut pouvoir de pérception du prépuce de l’homme, surtout quand celui-ci épouse la paroi vaginale de la femme où il se montre d'une sensibilité à fleur de peau. Par contre, les circoncis, ayant perdu cette peau ultra-sensible, ont parfois carrément du mal à jouir. Faites-en encore un tour sur les forums pour s’en convaincre ! La détente du vagin au cours des rapports sexuels, au fur et à mesure que l’excitation de la femme augmente, fait en sorte que la perception des « sensations intimes » de l’homme circoncis pourrait diminuer nettement au cours des rapports hétérosexuels. Bilan des intercourses, les hommes circoncis concentrent plus leurs activités sexuelles avec leurs partenaires sur la stimulation intensive directe du gland pour parvenir à jouir (fellation appliquée, pénétration et va-et-vient vaginale superficielle et sodomie).

A ces effets indésirables directs, il faut rajouter certaines complications courantes indirectes qui affectent la sexualité des garçons et des hommes, dont les érections douloureuses (notamment en cas de circoncision très serrée où l’on enlève beaucoup de peau) et l’illusion d’avoir un « petit pénis », le cauchemar absolu de la gent masculine !, poilu de surcroit (si la circoncision est serrée, la verge en érection est engloutie dans la peau poilue du pubis et les testicules sont plaquées contre la base du pénis).

Pas de tomates mûres sur mon mur, je ne suis pour rien et je n’ai pas encore terminé. Mais enfin, si le prépuce est encore là, malgré des millions d’années d’évolution des espèces, c’est qu’il y a bien une raison à cela, voyons ! Elémentaire. Certes, ces effets indésirables directs et indirects n’empêchent pas les hommes circoncis de s’adonner au plaisir de la chair, en solitaire ou en bonne compagnie, et d’avoir une vie sexuelle épanouie. Il n’empêche que la circoncision perturbe indéniablement le « plaisir » de l’ado et de l’homme circoncis. Rien à voir avec l’excision, mais on voit bien que la circoncision elle aussi, a des conséquences sur la sexualité masculine, comme l’excision en a sur la sexualité féminine.

VI. Effets de la circoncision des hommes sur la sexualité des femmes

Last but not least, la circoncision des hommes aurait aussi des effets sur la sexualité des femmes ! Des études scientifiques ont noté lors de rapports hétérosexuels avec des hommes circoncis une aggravation de la sécheresse vaginale (la peau de la verge ne faisant plus office de valve pour retenir les sécrétions féminines à l’intérieur du vagin), le signalement d’un inconfort vaginal, et plus de difficultés à atteindre un ou plusieurs orgasmes d’affilée (qu’avec un partenaire non-circoncis). Eh bien, si l’homme et la femme ont tous les deux du mal à jouir, alors là, « on est mal, on est mal, on est mal » comme dirait Patrick Timsit !

VII. En guise de conclusion

Qu’un adulte se fasse circoncire, est une liberté personnelle qui doit être garantit par la loi. Après tout, chacun est libre de disposer de son corps, de sa bite comme de son nez. Mais, quand même pas de celui de ses enfants. Comme dit l'écrivain libanais Khalil Gibran, « Vos enfants ne sont pas vos enfants... Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas ». On ne peut plus admettre de nos jours, à l’heure où l’on rabâche les oreilles du monde entier avec les droits de l’homme, que des parents décident de faire pratiquer sur leurs progénitures un acte chirurgical sans but thérapeutique aux conséquences aussi importantes que la circoncision, sans le consentement des enfants, quelqu’en soit la raison invoquée, et que même des hôpitaux sans scrupules, notamment aux Etats-Unis, vendent ces précieux prépuces à des laboratoires sans éthique pour fabriquer des produits cosmétiques vendus la peau des fesses ! Au délire s’ajoute l’arnaque.

Aux communautés musulmanes, juives, chrétiennes et animistes de saisir que cette situation éthique anormale ne plus peut plus durer. L’âge légal de la circoncision doit être fixé à 18 ans un jour ou l'autre et le consentement de la personne doit être impératif. De plus, avant de réaliser cette opération corporelle irréversible, il faut absolument s’assurer que la personne est bien informée des risques qu’elle encourt. Enfin, il est évident que cet acte chirurgical doit se pratiquer exclusivement par un médecin, et non par un rabbin, un pasteur, un imam, un marabout ou par qui que ce soit, en milieu hospitalier uniquement.

Pour l’instant, nous sommes à des années-lumière de tout cela, même en Europe. Et comment ! Le tribunal de grande instance de Cologne en Allemagne est la seule autorité judiciaire au monde à avoir osé s’attaquer aux « prérogatives des communautés religieuses » (termes utilisés par le Conseil central des juifs d'Allemagne) et à « la liberté religieuse » (selon le Conseil de coordination des musulmans en Allemagne). A la suite d’une grave complication survenue lors d’une circoncision religieuse, pratiquée pourtant par un médecin, ce tribunal européen a considéré en juin 2012 que la circoncision était passible d’une condamnation car « le corps d'un enfant était modifié durablement et de manière irréparable par la circoncision (...) Cette modification est contraire à l'intérêt de l'enfant qui doit décider plus tard par lui-même de son appartenance religieuse. Le droit d'un enfant à son intégrité physique prime sur le droit des parents. » C’est l’esprit même de la résolution européenne du 1er octobre 2013.

Enfin, je ne sais pas s’il faut se réjouir ou s’inquiéter du fait que le Conseil de l’Europe et le tribunal de grande instance de Cologne sont allés là où les politiciens européens n’osent pas s’aventurer pour des raisons électorales. Les valeurs universelles des droits de l’homme priment sur la diversité de croyances religieuses. Les politiciens d’Europe doivent avoir le courage de l’affirmer.